La chiropratique au Canada

Qu’est-ce que la chiropratique ? 

    La chiropratique, qui regroupe plus de 6 500 praticiens, est l’une des professions de santé primaire les plus importantes au Canada. Chaque année, environ quatre millions et demie de personnes ont recours à la chiropratique.1

    La chiropratique est une profession de santé réglementée, reconnue par la loi de toutes les provinces canadiennes et des États américains. Les bienfaits de la chiropratique sont reconnus par les autres professionnels de la santé. Selon une étude réalisée en 1995, 44 pour cent des médecins ontariens et albertains ont recommandé la chiropratique à leurs patients.2

    • Une approche naturelle et non effractive [Haut]

      Les chiropraticiens pratiquent une forme de soins de santé manuelle et sans médication qui repose sur l’évaluation du patient, le diagnostic et le traitement. De façon plus précise, les chiropraticiens s’occupent de problèmes liés aux articulations vertébrales, pelviennes et distales, de même qu’à leurs effets sur le système nerveux.  À la lumière d’une anamnèse et d’un examen physique, les chiropraticiens posent un diagnostic différentiel et élaborent un plan de traitement et d’entretien complet.  Les chiropraticiens sont également qualifiés pour prescrire des exercices thérapeutiques, pratiquer d’autres formes de thérapie non effractive et donner des conseils en matière de nutrition, de diète et de mode de vie. 3-6

      L’ajustement est la forme de traitement la plus utilisée en chiropratique.  Aussi appelé « manipulation vertébrale », l’ajustement est une technique manuelle non effractive qui exige des compétences acquises dans le cadre d’une formation intensive de quatre ans en chiropratique.  L’ajustement est une technique de grande précision exercée sur des articulations vertébrales ou distales dysfonctionnelles par des professionnels qualifiés.  Son objectif premier est d’atténuer la douleur 7,9, de rétablir le mouvement des articulations et des tissus qui les soutiennent, en particulier au niveau de la colonne vertébrale  7, 9,10, 11, et de réduire les raideurs et les spasmes musculaires  7, 11,12 grâce à l’amélioration ou au rétablissement des fonctions mécaniques de la colonne, des membres et des tissus mous de soutien  10, 11, 13.

      L’ajustement cause rarement des malaises.  Toutefois, comme il s’agit d’une thérapie manuelle, certains patients peuvent parfois ressentir une légère douleur qui s’estompe habituellement dans les 12 à 48 heures qui suivent le traitement.

      Le chiropraticien adapte son traitement aux besoins de chacun de ses patients.  Il modifie ainsi sa technique pour traiter des enfants, des femmes enceintes ou des patients âgés.  La plupart des patients ressentent immédiatement un soulagement de leurs symptômes.  La grande majorité des patients consultent en chiropratique pour des problèmes du système musculosquelettique, le plus souvent associés à la colonne vertébrale, comme des douleurs lombaires et cervicales ou encore des céphalées (maux de tête). 3, 4, 14 Des études ont démontré l’efficacité de la chiropratique dans ces cas. 7, 8, 11, 13

      Les autorités législatives canadiennes, de même que des chercheurs et gouvernements de nombreux pays ont effectué des études poussées sur la profession chiropratique.  Ces études les ont systématiquement amenés à autoriser les soins chiropratiques. 3, 15-22


    • Des soins primaires et complémentaires [Haut]

      Pour de nombreux problèmes, notamment les douleurs lombaires, la chiropratique peut constituer le principal traitement.  Lorsque le patient souffre d’autres troubles, la chiropratique peut compléter ou soutenir le traitement médical en soulageant les aspects musculosquelettiques du problème. 

       

      La chiropratique peut aussi jouer un rôle palliatif, en procurant un soulagement symptomatique à des patients souffrant de problèmes chroniques.  En traitant les éléments musculosquelettiques de ces affections, la chiropratique contribue à améliorer le bien-être général du patient.  À cet égard, les chiropraticiens canadiens sont à même d’assurer une fonction complémentaire dans le plan de traitement d’un patient. 

       

      Ainsi, à Toronto, le Canadian Memorial Chiropractic College (CMCC) a implanté plusieurs cliniques externes dans des centres de santé traditionnels afin d’offrir des soins complémentaires.  Le CMCC dispose de cliniques de formation dans les centres de soins externes suivants : Sherbourne Health Centre, South Riverdale Community Health Centre, Muki Baum Adults’ and Children’s Centres, Anishnawbe Health Toronto, St. John’s Rehabilitation Hospital et Bronte Harbour Chiropractic Clinic.


    • Une profession réglementée [Haut]

      La chiropratique est une profession de santé régie par les lois provinciales.  Tout comme les médecins, les dentistes, les psychologues et les optométristes, les chiropraticiens ont, de par la loi, le droit et l’obligation de poser un diagnostic et de porter le titre de docteur.  Chaque province est dotée d’un organisme de réglementation établi par les autorités législatives, dont la structure et les règlements sont similaires à ceux des ordres et collèges des autres professions de la santé. Les organismes de réglementation ont le mandat de protéger le public, d’énoncer des normes de pratique, de régler les enjeux disciplinaires et d’assurer la qualité des soins et le maintien des compétences.



    Références

     

    1. Miller W. Use of Alternative Health Care Practitioners by Canadians. Canadian Journal of Public Health 1997; 88(3):154-58.
    2. Verhoef MJ, Sutherland LR. Alternative Medicine and General Practitioners: Opinions and Behaviours. Canadian Family Physician 1995; 41:1005-1011.
    3. Kelner M, Hall O, Coulter I. Chiropractors: Do They Help?, Toronto, Fitzhenry & Whiteside, 1980.
    4. Waalen DP, White TP, Waalen JK. Demographic and Clinical Characteristics of Chiropractic Patients: A five year study of patients treated at the Canadian Memorial Chiropractic College. Journal of the Canadian Chiropractic Association 1994; 8(2):75-82, 1994.
    5. Kopansky-Giles D, Papadopoulos C. Canadian Chiropractic Resources Databank: A Profile of Canadian Chiropractors. Journal of the Canadian Chiropractic Association 1997; 41(3): 155-191.
    6. Chiropractic in the United States: Training, Practice and Research, U.S. Department of Health and Human Services, AHCPR Research Report, Dec. 1997.
    7. Bronfort G, Evans R et al. A randomized clinical trial of exercise and spinal manipulation for patients with chronic neck pain. Spine 2001; 26(7):788-800.
    8. Aker PD, Gross AR et al. Conservative management of mechanical neck pain: systematic overview and metaanalysis. BMJ 1996; 313:1291-96.
    9. Spitzer WO, Skovron ML et al. Scientific Monograph of the Quebec Task Force on Whiplash-associated Disorder: Redefining Whiplash and its Management. Spine 1995; 20:8S.
    10. Hoving JL, Koes BW et al. Manual therapy, physical therapy, or continued care by a general practitioner for patients with neck pain. Annals Int Med 2002; 136:713-722.
    11. Mior SA. Manipulation and mobilization in the treatment of chronic pain. Clin J Pain 2001; 17(4 Suppl):S70-6.
    12. Hurwitz EL, Aker PD et al. Manipulation and mobilization of the cervical spine: a systematic review of the literature.  Spine 1996; 21:1746-60.
    13. Bronfort G, Assendelft WJ, Evans R et al. Efficacy of spinal manipulation for chronic headache: a systematic review. J Manipulative Physiol Ther 2001; 24(7):457-66.
    14. Coulter ID, Hurwitz EL, Adams AH et al. Patients using chiropractors in North America: who are they, and why are they in chiropractic care? Spine 2002; 27(3):291-6.
    15. Manga P, Angus D, Papadopoulos C, Swan W. The Effectiveness and Cost-effectiveness of Chiropractic Management of Low-Back Pain, Commissioned by the OCA. Funded by the Ontario Ministry of Health, 1993.
    16. Wells T et al. Chiropractic Services Review, An Internal Review. Commissioned by the Ontario Ministry of Health, 1994.
    17. Epidemiology Review: The Epidemiology and cost of back pain. Clinical Standards Advisory Group. 1994 HMSO.
    18. Back Pain. Report of a CSAG Committee on Back Pain. 1994 HMSO. 19 New Zealand Acute Low Back Pain Guide. New Zealand Guidelines Group, 1997.
    19. Waddell G, McIntosh A, Hutchinson A, Feder G, Lewis M, (1999). Low Back Pain Evidence Review London: Royal College of General Practitioners.
    20. Danish Institute for Health Technology Assessment: Low-Back Pain. Frequency, Management and Danish Health Technology Assessment 1999; 1(1).
    21. Koes BW, Assendelft WJJ, van der Heijden GJMG et al. Spinal manipulation and moblisation for back and neck pain: a blinded review. BMJ 1991a; 363:1298-1303.
    22. Assendelft WJJ, Koes BW, van der Heijden GJMG et al. The effectiveness of chiropractic for treatment of low back pain: an update and attempt at statistical pooling. J Manipulative Physiol Ther 1996a; 19:499-507.